IEA
Enquêtes

 

Enquêtes en cours:
Les Terribles Chipougnes
Le Griffon transdimentionnel
La Tortue prismatique
Le Module
Les Nomades

Affaires classées:
Fuite de fluide éthérique
Un poltergeist dans de l'acier en fusion
Une crevette géante incrustée dans du cristal
Le Bambin Glossolale de Marlivaux
Les 128 Rotondes
L'Onirine

Études:
Radiochronophonie et balises temporelles par Isidore Quincampoix.




Les Terribles Chipougnes

   À la suite d'un phénomène de hantise survenu au domicile personnel d'un de nos investigateurs (Isidore Quincampoix) trois caméras fixes ou webcams ont été mises en place dans son salon par notre Brigade de Téléinvestigation Spirite. Les premières manifestations observées nous permettent dès à présent d'affirmer qu'il s'agit de Chipougnes. La ressemblance entre ces êtres et les Chipougnes photographiées au début du siècle par le Professeur Amable Cherpillaud (cliché ci-dessous, à gauche) est en effet frappante.

  Les Chipougnes (parfois appelées Terribles Chipougnes) sont des poltergeists dont les manifestations semi-éthérées sont généralement bénignes. Il est cependant arrivé dans le passé que des sujets particulièrement sensibles aient à souffrir de leur harcèlement relativement bruyant (les Chipougnes émettent des cris aigus particulièrement agaçants).

   Les Chipougnes se présentent généralement sous la forme d'êtres humanoïdes étiques dépourvus de membres inférieurs. Elles flottent à mi-hauteur des pièces qu'elles hantent et apparaissent d'ordinaire à la limite du champ de vision des personnes qu'elles visitent. Elles semblent comprendre confusément la raison d'être de nos webcams car elles ont multiplié ces derniers temps les facéties devant nos objectifs. Elles paraissent particulièrement friandes de thé qu'elles absorbent d'une manière encore mystérieuse. Nous avons donc placé une théière pleine sur la table du salon et nous en renouvelons régulièrement le contenu. Le thé (et tout particulièrement le thé vert de Chine) produit une ivresse immédiate chez les Chipougnes, sans que l'on puisse savoir pourquoi.
 
Photo. A. Cherpillaud

Terribles Chipougnes dansant devant la lune.

Photo. S. Chevalier

Chipougnes photographiées récemment dans les couloirs de l'Institut.

   En cliquant sur les liens ci-dessous, vous accéderez à l'une des trois caméras installées dans le salon d'Isidore Quincampoix. Il est effectué une prise de vue toutes les 15 secondes. Si vous pensez avoir observé une Chipougne, ou tout autre phénomène insolite, nous vous remercions de bien vouloir nous en faire part en vous rendant sur la page «Contact» de notre site. Vous contribuerez ainsi à l'étude du phénomène mystérieux des Chipougnes!

-> [caméra 1] [caméra 2] [caméra 3]

Le Professeur Britagnier s'apprêtant à disséquer une Chipougne.Photo. A. Cherpillaud

Le Professeur Britagnier s'apprêtant à disséquer une Chipougne.






Le Griffon transdimentionnel et la Tortue prismatique

   Le Transchronoscope mis au point par Raphaël Perronnet, de l'Institut, a permis d'observer certaines manifestations sensibles dans des dimensions parallèles relativement proches de la nôtre. Ainsi de ces étonnants phénomènes, baptisés faute de mieux en fonction de leur ressemblance avec des animaux réels ou imaginaires de notre planète. Leur nature véritable, leur métabolisme, ainsi que la fonction précise qui est la leur dans leur environnement d'origine nous restent totalement inconnus.
Le Griffon transdimentionnelPhoto. Pierre Wayser

Le Griffon transdimentionnel.

La Tortue prismatiquePhoto. Pierre Wayser

La Tortue prismatique.






Le Module
Le ModulePhoto. Pierre Wayser

Le Module.

   Baptisé faute de mieux «Le Module», cet étonnant dispositif semi-intelligent s'est matérialisé à plusieurs reprises, sans que l'on sache comment, dans de nombreux sites sensibles (centres informatiques, QG militaires, centrales nucléaires), perturbant par son intense activité électromagnétique les installations dont il s'approchait. Aucune action décisive n'a pu être menée à son encontre. On pense qu'il s'agit d'un dispositif d'espionnage, ou du moins de collecte d'information, mais on ignore quelle puissance possède les moyens de mettre en oeuvre un tel appareil.





Les Nomades
   Aperçus à plusieurs reprises le long des côtes de Californie et du Japon, les campements des Nomades posent une énigme non résolue à ce jour. Aucun Nomade n'a pu être approché, ni a fortiori interrogé. Les matériaux dont se composent leurs abris témoignent d'une technologie avancée et encore mal comprise, sans pour autant qu'aucun instrument plus complexe qu'une cuillère ou qu'un collier ait été retrouvé sur place après leur départ.
   Les Nomades ne se sont pas manifestés depuis plusieurs années.
Les NomadesPhoto. Pierre Wayser

Les Nomades.






Fuite de fluide éthérique
 
FuitePhoto. X

Le réservoir n°5 sérieusement endommagé.
À peine le fluide éthérique a-t-il commencé à se répandre,
que des centaines de poltergeists tentent déjà de se matérialiser à l'air libre.

   Incident rarissime: voici quelques années une fuite importante de fluide éthérique s'est produite sur le réservoir n°5 de l'I.E.A.
   Un confinement de plusieurs semaines a été nécessaire afin de débarrasser le site de stockage des centaines de poltergeists qui s'étaient échappés de la cuve endommagée.





Un poltergeist dans de l'acier en fusion
   Observé à plusieurs reprises dans les années 1950, ce curieux phénomène demeure inexpliqué à ce jour. Cet étonnant poltergeist octopodomorphique semble sourdre de l'acier en fusion.
   On a avancé l'hypothèse selon laquelle cette hantise aurait été suscitée par l'âme collective des ouvriers, pressentant bien avant l'heure les restructurations drastiques dont leur secteur d'activité allait souffrir. À l'appui de cette hypothèse audacieuse on remarquera que ce genre de manifestation n'a plus été signalé depuis plusieurs années.
   Sur le cliché ci-contre, l'un de nos agents tente -- vainement -- de recueillir un peu de fluide éthérique à l'aide d'un long ustensile d'ordinaire destiné à prélever des échantillons d'acier en fusion. La température du métal rend l'opération impossible.
Photo. X

Manifestation mystérieuse dans une aciérie.






Une crevette géante incrustée dans du cristal.
Photo. X

Crevette géante incrustée dans du cristal de roche.

   Le cliché ci-contre montre l'une des 1024 colonnes de cristal de roche pur trouvées dans un temple souterrain découvert l'an passé en Malaisie.
   Chacune de ces colonnes contient le corps entier, parfaitement conservé, d'un animal ou d'une plante. La science actuelle est incapable d'expliquer de quelle manière des hommes vivant il y a plus de 3000 ans (estimation) ont pu inclure avec une précision si parfaite ces centaines d'animaux et de végétaux dans du cristal.
   Chacun des spécimens présente de subtiles différences avec les représentants actuels de son espèce, sans que l'on puisse déterminer s'il s'agit de mutations individuelles, ou si nous avons là les représentants de branches parallèles de la vie telle que nous la connaissons.
   On a émis l'hypothèse qu'il pourrait s'agir d'une sorte d'Arche de Noé génétique destinée à préserver l'ADN des spécimens en question. Qui les a placés là, dans quel but? Nous n'en savons rien.





Le Bambin Glossolale de Marlivaux.
 
   L'étonnant Bambin Glossolale de Marlivaux parlait couramment seize langues, dès l’âge de six mois. Il ne répondait à aucune question - ne semblant d'ailleurs pas les comprendre - mais il discourait volontiers, des heures durant, en anglais, en hindi, en grec ancien, en araméen, en patois morvandiau, ainsi qu'en trois langues ou dialectes demeurés non-identifiés à ce jour. C'est l'étonnante diversité de ces langues, davantage que le contenu des messages délivrés, qui fit la renommée du Bambin Glossolale. Ces discours étaient le plus souvent d'une affligeante banalité: «Il ne fait pas chaud pour la saison.», «Vous devriez venir plus souvent.», et le très fréquent «Ce que c'est que de nous, tout de même!», invariablement prononcé en tagal.
   Vers l'âge d'un an et demi, le Bambin Glossolale perdit progressivement l'usage de ses seize langues, pour faire ensuite l'apprentissage tardif et laborieux du français, qu'il parla de manière fort médiocre.
Photo. X

Le Bambin Glossolale, sur les genoux de son papa.






Les 128 Rotondes.
 
   Disséminées à travers tout l'Est de la France, ces petits bâtiments en béton armé construits dans les années 1960 demeurent une énigme. Aucun donneur d'ordre officiel, aucun entrepreneur n'a pu être retrouvé lorsqu'il s'est agi, dans les années 1990-2000, de déterminer qui avait pu faire bâtir ces édifices. Renseignements pris auprès des autorités locales (mairies, conseils régionaux et généraux) et des services publics (EDF/GDF, compagnies des eaux, etc.) susceptibles d'être concernées, il semblerait que dans chaque cas, on demeurait persuadé que d'autres services avaient entrepris les démarches nécessaires. La plupart ont été construits sur des parcelles appartenant au domaine public, ou à des particuliers décédés depuis de nombreuses années.
Leur destination demeure tout aussi mystérieuse. Certains (voir photo) sont alimentés en électricité, mais aucune consommation n'a été constatée. Ceux qui n'ont pas été vandalisés contiennent encore des batteries d'appareils de forme cylindrique. Les différentes analyses qui ont été menées sur ces objets tendent à démontrer qu'il s'agit de cylindres d'acier inoxydable massifs. On a cru déceler dans certains d'entre eux des micro-fissures de structure fractrale.
La plupart de ces édifices ont été détruits au début du XXIe siècle sans qu'on ait pu savoir qui les avait fait construire, ni à quoi ils devaient servir.
Photo. X

La Rotonde de Crampenoix (détruite en 1996).






L'Onirine.
 
   Des centaines de flacons d'un stupéfiant très dangereux ont été retrouvés dans les installations souterraines du célèbre chimiste Honoré Bellocq, actuellement en fuite. Cette droque, qu'il avait semble-t-il baptisée l'Onirine, n'a pas encore livré tous ses secrets. On ignore en fait à quel usage le criminel, activement recherché par toutes les polices d'Europe, destinait cette nouvelle invention. On sait par contre que le principe active de l'Onirine, fortement adictif, provoque chez les personnes qui en ont consommé une activité onirique intense, décuplant le nombre, la fréquence, et surtout l'impact psychologique des rêves.
Photo. X

Le Professeur Britagnier, montrant à la presse
l'un des flacons d'Onirine retrouvés dans le laboratoire secret.






Radiochronophonie et balises temporelles.

Isidore Quincampoix

L'idée de balises temporelles ou de stations radiophoniques émettant non plus à travers l'espace, mais à travers le temps, est une idée déjà ancienne et sur laquelle on a beaucoup écrit. Il n'est pas question ici de proposer de nouvelles hypothèses ou de nouvelles pistes, de se prononcer une fois de plus sur la faisabilité ou la non-faisabilité d'une telle entreprise mais, plus modestement, de livrer à la connaissance du public un document sonore qui n'a fait jusqu'à présent l'objet que d'une diffusion restreinte.

On sait que dans les années 1960, le journaliste et romancier Jacques Pâtrier a prétendu avoir capté, à l'aide d'un appareil de sa fabrication, quelques courtes émissions radios dont il affirmait pouvoir prouver qu'elles avaient été émises plusieurs dizaines d'années auparavant. Il ne s'agissait pas, disait-il, d'émissions radios traditionnelles, captées en quelque sorte avec retard (sic) pour une raison indéterminée, mais bien d'émissions en continu, à travers le temps, en direction de l'avenir, et destinées à être captées par tout appareil conçu à cet effet. Bien entendu, Jacques Pâtrier n'a jamais pu montrer le radiochronophone (le mot est de lui) à l'aide duquel il assurait avoir enregistré ces émissions. Pas plus qu'il n'a précisé l'origine de la technologie employée pour construire cet appareil. Tout au plus a-t-il parlé alors d'une association occulte de savants en dissidence avec la société de leur époque (tous les enregistrement étaient censés avoir été «émis» de 1883 à 1887) et qui auraient décidé de réserver certaines de leurs découvertes aux temps futurs. L'amateur d'insolite est désormais familier de ces quelques minutes de borborygmes incompréhensibles qu'on trouve dans toutes les anthologies sonores. Plus près de nous, dans les années 1980, certains chercheurs comme David Wishbley (1988) ont exploré sans succès apparent la piste des tachyons, ces particules subatomiques qui pourraient fournir, en théorie, un support à la technique qui nous occupe.

Le document que nous présentons ici provient de la phonothèque de l'I.E.A, où il est désormais librement consultable sous la forme de copie publique (les originaux sont accessibles aux chercheurs sur demande motivée et accréditée). Il fait partie d'une série de documents sonores réalisés de 2003 à 2009 dans les studios de l'I.E.A à l'aide de 3 des 6 appareils découverts en 1996 par Victor Aranjuez lors de l'inventaire du legs Guillaumin. (1) On trouvera une description détaillée de ces appareils et de leur fonctionnement supposé dans le mémoire consacré à leur restauration par Raphaël Peyronnet (2003). On peut supposer que les références antérieures à des émissions radiochronophoniques découlent de la découverte d'appareils similaires, bien qu'aucun autre spécimen n'ait pu être produit à ce jour. On ignore encore tout de leur origine et de leur fonction exacte. Bien que ces appareils aient été en fonctionnement quasi continu depuis leur restauration, ces enregistrements de quelques dizaines de secondes sont les seuls «émissions» que nous avons pu capter à ce jour.

Le document que nous proposons aujourd'hui (réf.: IEAPHON_34234RZ3) est relativement atypique. D'une part, il s'agit, à notre connaissance, du seul enregistrement «radiochronophonique» en Morse. Une telle rareté est en soi étonnante: quel que soit le substrat sur lequel se propagent les ondes concernées, il devrait être plus facile d'y moduler des sons simples comme ceux utilisés pour la télégraphie, que des voix humaines; les émissions en Morse devraient donc être plus nombreuses. Or, ce n'est pas le cas. D'autre part, le contenu du message paraît partiellement crypté, ce qui, dans le domaine qui nous occupe est également très rare. Enfin, c'est un des seuls documents de ce type pour lesquels nous possédons la totalité du contenu supposé: il s'agit en effet d'une boucle très courte qui se répète 128 fois au cours de l'enregistrement. La procédure Morse employée est relativement succincte et ne contient aucun élément suffisamment caractéristique pour permettre de l'assimiler à une procédure en vigueur à une époque déterminée. La vitesse de manipulation (terme consacré pour désigner l'utilisation d'un émetteur télégraphique) est relativement lente et irrégulière, ce qui laisse supposer un opérateur peu expérimenté.
 
Transcription de la boucle:

DE 18851218/FRA01 - 34JDHQ98 - DFUR54LS - PC3RSEZA - SVC: NOUS Y ALLONS AUSSI - FINMSG

Enregistrement de la première occurrence:

L'ensemble des caractéristiques de cet enregistrement permet de l'apparenter aux documents dits de type «balise»: une en-tête permet de dater le document et sans doute d'en préciser l'expéditeur, puis 3 séquences de 8 unités (lettres et chiffres) paraissent contenir un court message crypté, suivie d'une phrase non cryptée mais incompréhensible hors contexte (il s'agit vraisemblablement d'une note de service entre opérateurs). Ce message a été capté le 6 juillet 2004 à partir de 9h36.
 

Notes

1. Paul Guillaumin (1902-1996), mécène et collectionneur parisien. Il a légué à sa mort la quasi-totalité de sa collection d'appareils de radio anciens et de phonographes à l'I.E.A. Lors de la réception de ce legs, 6 appareils ne figurant pas à l'inventaire original ont été découverts. Il s'agit de postes récepteurs de conception similaire (quoique de facture plus ancienne) à ceux découverts dans différents pays au cours des 30 dernières années et ordinairement baptisés radiochronophones. ^

Bibliographie

ARANJUEZ (Victor).— Inventaire du legs Guillaumin.— Dole, Presses de l'Institut d'Ethnocosmologie Appliquée, 1996.— 48 p.
PAULUS (Lewis O.).— «Les Russes ont-il découvert le voyage dans le temps?», in: Astre, n°21.— Paris, Éditions de la Comète, 1967.— p.89-91.
PEYRONNET (Raphaël).— «Une émission radio en Morse dix ans avant Marconi?», in: Recherches en para-acoustique, vol. XX.— Dole, Presses de l'Institut d'Ethnocosmologie Appliquée, 2003.— p.188-199.
WISHBLEY (David).— «A Possible Use of Tachyons and Other Elementary Particles in Radiocommunication», in: New England Journal of Applied Ultraphysics, n°1024.— West Warwick, RI, 1988.— p.-29-35.